Faut-il rappeler que l’œuf est un cocktail de vitamines (A, E, B12), de minéraux et d’oligo-éléments tels que fer, phosphore et magnésium. ? Le blanc contient des protéines et le jaune des lipides. La tradition veut que l’œuf à la coque soit parfait après 3 minutes de cuisson. Il y a beaucoup à dire là-dessus. Cela suppose d’abord que l’œuf est à température de la pièce, qu’il soit de taille moyenne et que le temps soit compté à partir de la reprise de l’ébullition. Enfin, le goût personnel peut varier : personnellement, j’aime le blanc plutôt cuit et pas coulant.
Le monde, dit-on, se divise en 2 catégories : ceux qui mangent l’œuf à la coque par le gros bout et ceux qui le mangent par le petit bout. Stratégiquement, le gros bout décapité s’accommode bien du trempage des mouillettes et évite les débordements. La dégustation par le petit bout prolonge le plaisir.
C’est au XVII° siècle que le coquetier s’impose sur les tables. Cette forme de présentation est typiquement française, même si elle a été depuis beaucoup copiée. Le coquetiphile (collectionneur de coquetiers) recense 4 modèles principaux de coquetiers : ceux à pied, ceux avec une soucoupe dite « ramasse-coques », ceux doubles, appelés diabolos, et enfin les formes, représentant des animaux, personnages et autres. Notons que les Scandinaves ne se déchirent pas sur les extrémités puisqu’ils disposent de coquetiers horizontaux où l’œuf se déguste …sur le côté !!! Un œuf frais de la ferme pondu par une poule nourrie au maïs (non transgénique), ce qui va donner un jaune bien soutenu, presque orangé, une cuisson parfaite, des mouillettes taillées dans un bon pain de campagne ou une excellente baguette, avec du beurre demi-sel, un joli coquetier… un œuf à la coque est un mets de roi à portée de toutes les bourses.
Quelques grains de caviar, soyons fous, ou d’œufs de lump, plus modestes, un asperge dodue en guise de trempette, une lamelle de truffe, un pain aux cèpes, des gressins au parmesan transforment cette recette simplissime en plaisir gastronomique !
Ayez la curiosité de regarder tous les instruments qui se sont développés autour de l’œuf à la coque. Au-delà du coquetier, vous trouverez, entre autres, le piqueur d’œuf qui libère la pression de l’air interne pendant la cuisson, le ciseau ou le toqueur qui décalottent l’œuf sans fioritures, le sablier, le présentoir à mouillettes, les cuillères minuscules qui évitent les débordements et les bonnets d’œuf qui gardent l’œuf au chaud.
Deux petites remarques encore…Au XIX° siècle, les forains avaient coutume d’offrir comme lots dans les stands de tir des coquetiers en opaline. Le client adroit gagnait le coquetier, d’où l’expression déformée « gagner le cocotier ».
Il est d’usage de pulvériser soigneusement la coquille après avoir mangé son œuf. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’au Moyen Âge, on croyait que les sorcières venaient tourmenter les gens en voyageant dans les coquilles d’œuf vides.

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